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Nature & randonnées

6,4 km aux Rochers des Mourres, entre champignons de pierre et ancien lac

Élise-Marie Valancogne 7 min de lecture
Rochers des Mourres : rochers calcaires en forme de champignons, vue vers Forcalquier

À quelques pas de Forcalquier, les Rochers des Mourres dévoilent des silhouettes de calcaire qui évoquent des champignons, des têtes, des cylindres ou des meules de foin. Cette curiosité géologique se découvre en environ 1 h 30 sur le site, ou dans le cadre d’un circuit balisé de 6,4 km. Depuis les hauteurs, la vue s’étend vers la montagne de Lure et, lorsque l’air est dégagé, les Alpes.

Les Rochers des Mourres, un paysage insolite près de Forcalquier

Les Mourres se trouvent sur la commune de Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le site est connu pour ses formations rocheuses aux profils étonnants, modelées dans des calcaires massifs, marneux et crayeux. Selon l’angle d’observation, chacun peut y reconnaître une forme différente : champignon de pierre, monticule, vasque, cylindre ou meule de foin.

Vue des Rochers des Mourres près de Forcalquier avec leurs formations calcaires en forme de champignons
Vue des Rochers des Mourres près de Forcalquier avec leurs formations calcaires en forme de champignons

La découverte ne se limite pas aux rochers. Ceux-ci émergent de reliefs ouverts, entre végétation méditerranéenne et secteurs pâturés. Depuis les parties les plus élevées, le regard porte sur les environs de Forcalquier, la montagne de Lure et, par temps clair, les Alpes. L’itinéraire permet aussi d’apercevoir des éléments du patrimoine local, comme la chapelle Saint-Marc, le cabanon pointu et les oliveraies.

Une visite courte ou une randonnée plus ample

Il faut distinguer la découverte des formations elles-mêmes de la randonnée complète. Le Parc naturel régional du Luberon annonce une durée de visite d’environ 1 h 30 pour apprécier le site. Le circuit au départ de Forcalquier représente environ 6,4 km et 228 m de dénivelé positif. Il demande donc davantage qu’une simple promenade autour des rochers, même s’il reste accessible à la plupart des marcheurs correctement équipés.

Repère pratique À retenir
Lieu Forcalquier, Alpes-de-Haute-Provence
Visite du site Environ 1 h 30
Circuit complet Environ 6,4 km
Dénivelé positif 228 m
Accès Itinéraire balisé, parking sur place et panneaux d’information

Pourquoi ces rochers ont-ils des formes de champignons ?

Les Rochers des Mourres sont les vestiges d’un ancien environnement lacustre datant d’environ 25 millions d’années, à l’Oligocène. À cette époque, des sédiments calcaires se sont déposés dans un lac. Des coquilles de gastéropodes sont encore présentes localement. Elles rappellent ce passé aquatique, aujourd’hui difficile à imaginer devant le paysage sec et lumineux de Haute-Provence.

Herbiers, algues et calcaire durci

Dans certaines zones, les herbiers aquatiques ont stabilisé les sédiments. Des constructions algaires ont aussi créé des parties plus résistantes que les couches voisines. Ces édifices consolidés forment le cœur de nombreuses structures visibles aujourd’hui. Les roches ne se sont donc pas déposées de manière uniforme : certaines zones ont davantage durci, tandis que les matériaux voisins sont restés plus friables.

Cette origine permet de mieux lire les formes observées sur place. Le lac a d’abord favorisé la sédimentation, puis les herbiers et les constructions algaires ont renforcé certaines parties du calcaire. Après la disparition du lac, les intempéries ont progressivement dégagé les éléments les plus résistants. Devant un rocher à pédoncule, la silhouette s’explique ainsi par la différence de résistance entre une matière durcie et les couches plus tendres retirées autour d’elle.

L’érosion différentielle façonne les silhouettes

Après la formation des calcaires, l’érosion a poursuivi son travail. Le vent, la pluie et les variations de température ont attaqué plus rapidement les niveaux tendres. Les zones les mieux consolidées ont résisté, parfois en protégeant une base plus fragile. Ce mécanisme, appelé érosion différentielle, explique les têtes rocheuses, les colonnes et les profils de champignons.

Les vasques peuvent être liées à la nécrose centrale de certains îlots algaires. Lorsque leur partie centrale disparaît ou se fragilise, une dépression peut se former. Les ondulations, les cavités et les monticules correspondent donc à des différences de résistance entre les matériaux. La balade prend une autre dimension lorsque l’on observe ces détails plutôt que les seules silhouettes générales.

Préparer le circuit depuis Forcalquier

Le départ peut s’effectuer depuis l’Office de tourisme de Forcalquier, situé à environ 540 m d’altitude. Le parcours rejoint progressivement les hauteurs : le cabanon pointu se trouve vers 588 m, La Parise sud vers 650 m, puis les Mourres vers 730 m. Cette progression explique le dénivelé, sans transformer l’itinéraire en randonnée technique.

Localiser les Rochers des Mourres à Forcalquier

Suivre le balisage plutôt que l’improvisation

Le circuit est balisé et le site dispose de panneaux d’information. Suivre le cheminement indiqué aide à éviter les erreurs d’orientation sur les pistes et à limiter le piétinement autour des formations. Certaines portions sont exposées au soleil et le sol peut être irrégulier. Après un épisode pluvieux, une vigilance accrue s’impose sur les zones terreuses ou calcaires, qui peuvent devenir moins confortables à parcourir.

Le parcours traverse un environnement qui ne se résume pas aux rochers. Les oliviers, les reliefs provençaux, la chapelle Saint-Marc, le cabanon pointu et les vues lointaines rendent la randonnée plus variée qu’une simple montée vers un point de vue. Pendant l’ascension, prenez le temps de vous retourner : les perspectives sur Forcalquier changent à mesure que le chemin gagne de la hauteur.

Pour qui le parcours est-il adapté ?

Des marcheurs occasionnels en bonne condition peuvent envisager le circuit complet en prenant leur temps. Pour une sortie avec des enfants, mieux vaut tenir compte de leur endurance et prévoir une réserve d’eau suffisante. En revanche, l’itinéraire ne convient pas aux poussettes ni aux personnes qui ont besoin d’un cheminement stable et sans pente. Le relief et la nature du terrain ne permettent pas une accessibilité de ce type.

Quand venir et que mettre dans son sac ?

Les périodes douces sont particulièrement agréables pour marcher. Le printemps permet de profiter des paysages avant les fortes chaleurs, tandis que l’automne apporte souvent une lumière plus rasante sur les reliefs calcaires. En été, partez tôt et ne sous-estimez pas l’exposition au soleil. Le site est proche de la ville, mais il reste un espace de pleine nature où la chaleur et le manque d’ombre doivent être pris en compte.

  • Chaussures de marche ou chaussures fermées à semelle adhérente ;
  • Réserve d’eau adaptée à la saison et au nombre de participants ;
  • Protection solaire avec chapeau, lunettes et crème ;
  • Vêtement léger supplémentaire selon la météo ;
  • Téléphone chargé et vérification préalable des conditions d’accès.

Un parking est disponible sur place, mais les conditions de stationnement, l’état des sentiers ou d’éventuelles restrictions peuvent évoluer. Avant le départ, consultez les informations locales, en particulier en cas de fortes chaleurs, de vent ou d’intempéries. Cette vérification permet aussi de confirmer que le circuit reste praticable dans les conditions prévues.

Profiter des Mourres sans fragiliser le site

Les Rochers des Mourres forment un espace naturel sensible. Leur apparente solidité est trompeuse : les couches tendres, les sols et la végétation qui les entourent supportent mal le passage répété. Rester sur les sentiers balisés protège les abords des formations et limite l’érosion accélérée par le piétinement.

Ne grimpez pas sur les rochers, ne déplacez pas de pierres et ne cueillez pas la flore locale. Remportez tous vos déchets, y compris les restes alimentaires. La photographie permet de garder un souvenir sans laisser de trace. Pour varier les images, changez simplement de point de vue au lieu de chercher à atteindre les zones les plus fragiles.

Des brebis et des chèvres peuvent pâturer à proximité. Les chiens doivent donc être tenus en laisse, pour préserver la tranquillité des troupeaux et limiter les interactions avec la faune sauvage. Une visite respectueuse aide à conserver ce paysage singulier et ses silhouettes de pierre au-dessus de Forcalquier.

Élise-Marie Valancogne

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